LSarah Dubas vit et travaille à Paris

 

 

 

A propos de photographie

 

C'est l’automne 2011, en regardant le sol une trace m’interpelle, c’est une flaque d’eau qui emprisonne le reflet d’un arbre...A l’égal de cette première image très symbolique, prise de conscience de notre finitude, d’autres thématiques ont suivi, sublimant soudain ce qui m’apparaissait, dans sa simple nudité. Cette extrême intensité me rendant plus fragile encore ce qui passait à mon regard pour se transformer au-delà de nous, englobant le monde dans le chemin d'un caniveau, une rose, un arbre, un corps flou, un filet de sable entre les mains d’une fillette sur un bord de mer d'éternité.

 

Cet espace perdu du monde, ces instants flous, surgissent au réveil dans nos pensées, dans les moments d'oubli du quotidien, dans des états d'incertitude, nous rapprochent de notre vérité. Donner à entendre cette grâce mélancolique, m’en approcher à pas lents. Ce sont des silhouettes ou des corps sans visage qui surgissent, dans des perspectives incertaines, monde des bords, pas encore déserté mais où l’agitation du monde est déjà loin.

 

Dans une photographie qui prend les apparences de la peinture, les séries "My Spirit" et "Traces" sont des prises de corps, des confrontations à la matière organique, auxquelles je fais prendre la place de l'utopie. Un voyage vers notre être intérieur, notre être au monde, celui de la transformation perpétuelle, un devenir émouvant qui trace les signes du temps.

Beauté fragile, accidentelle, éphémère, un enchevêtrement des signes d'un passé présent en devenir, d'un vivant tout à la fois sombre et lumineux dans ce qu'il nous raconte et dans la mémoire qu'il convoque. Voyage de la terre au ciel, du ventre à l'esprit, de ce que nous foulons chaque jour aux pieds sans même y penser: "TRACES" jusqu'à ce qui nous élève au ciel "TREES"- : le monde nous est révélé de la manière dont nous le percevons et quel que soit le regard que nous portons sur ce qui nous entoure, il appartient à notre être magique de lui rendre toute sa dimension. !

 

Mes références, mes influences puisent dans la peinture, les flamands, le cinéma, la musique, la poésie, les surréalistes, la psychanalyse, sujet détourné d’un roman photo vidéo en 2007...Il y a aussi l’absence, l’espace laissé vide, les mondes disparus, l'abandon.

 

L’eau est très présente et si elle n’est pas toujours visible, on la devine, les flaques d’eau de la série « Traces », les ruisseaux et rivières dans « My Spirit » (série sur les arbres), mer éternelle et bienveillante de la série « Children of the beach »,(la plage) l’eau du rêve et de l’enfance de la piscine dans« Swimming Pool », les vagues des draps de la série Woman..etc témoignent du temps qui passe, d’impressions, de la perméabilité des mondes, de réminiscences, de la nostalgie en visions estompées, dans l’apparition et la disparition des choses, dans leur superposition,, entre chien et loup, lorsque le monde se transforme. Si le chaos est présent, il n en reste que des traces lointaines, écrasé, adouci, unifié par le temps.

 

L'exposition « Les belles endormies » Février 2015 avec un lointain regard au roman de Kawabata représentait des corps de femmes et des corps de paysages, parfois dans le même espace, en confidence.

 


Je suis dans une recherche de sensations plutôt que dans le désir de faire de belles images ou dans la narration.
Ma formation n’est pas celle d’une plasticienne mais vient du théâtre. Toutes les pratiques artistiques exercées avant la photographie: théâtre, mise en scène, écriture, vidéo, poésie, collage, interagissent, se donnent la main, ... Autodidacte, j’utilise la photographie comme moyen immédiat de traduire une vision personnelle, émotionnelle et poétique du monde, interrogative aussi. Le réel s’appréhende d’avantage dans les interstices et les flous, dans les contours incertains que dans une netteté totale, parfois proches de sensations mentales ou de l’inconscient. Je pars toujours du réel pour approcher le monde antérieur, les mondes invisibles, sans pour autant vouloir tomber dans la pure abstraction. Photographier reste pour moi un acte totalement physique, il n y a pas moi et l’appareil, c’est un seul corps et ce n est pas seulement moi qui regarde « l’objet photographié », je suis dans l’espace, observée de la même manière que j’observe, c’est un corps à corps, peu importe le sujet, il y a une prise de corps matérielle, à la fin du voyage, je ne peux pas dire exactement ce qu’il s’est produit mais je sais si l’acte a eu lieu où pas, si une histoire est née de la séance et si je vais pouvoir la partager. C’est une lutte mélancolique avec le vivant, afin de repousser toujours plus loin la ligne d’horizon, la ligne qui stopperait le mouvement, celle qui marquerait le mot fin ; peut-être une lutte avec l’ange pour me prouver que nous sommes vivants.

 

@LSarahDubas

 

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